Certaines études tendraient à prouver que le monument américain représenterait une citoyenne afro-américaine.
C’est en 1865, sous le second Empire de Napoléon III, qu?Edouard-René Lefebvre de Laboulaye, professeur de sciences politiques au Collège de France, suggère à son ami sculpteur Frédéric-Auguste Bartholdi d’offrir un grand monument aux Etats-Unis sortant de la Guerre de Sécession, afin de célébrer l?amitié franco-américaine.
Quelques années plus tôt, en 1856, Bartholdi avait déjà développé l?idée de créer une grande statue afin d?embellir l?entrée du futur Canal de Suez. Et à son retour il créa un modèle qu?il présenta à un ami. Ce dernier la décrira de manière suivante :
« C’était une femme magnifique, vêtue dans un style ancien, avec une coiffe semblable à celle du Sphinx? le bras droit tenait une lampe, et le bras gauche était détendu le long du corps» Mais le pacha d’Egypte refusa de financer le projet. Aussi, lorsque Laboulaye lui soumet l?idée de ce cadeau, Bartholdi y voit une fantastique opportunité de réaliser son projet. Après une récolte de fonds à laquelle participèrent les journaux afro-américains incitant leurs lecteurs à donner une participation, au même titre que les judéo- américains dont Joseph Pulitzer, les efforts de Bartholdi aboutirent et la statue de la liberté fut inaugurée le 28 Octobre 1886, au port de New york.
Mystère autour du modèle : la théorie des chaînes brisées
Le mystère a longtemps plané sur le modèle ayant servi de base à la Statue de la Liberté, à cause du manque de documents originaux. On ne sait pas si Bartholdi s?est servi d’un modèle ou non, mais de fortes spéculations circulent sur le fait que la statue de la liberté représente une Femme Noire.
Parmi les preuves plaidant pour une statue de la liberté noire, le petit modèle réalisé en terre cuite, qui aurait été réalisé sur le modèle d?une femme noire et dont le visage tient du phénotype africain. Dans cette réplique du monument cette femme noire porte une chaîne brisée autour de sa main gauche, ainsi qu’aux pieds.
Il semblerait que lorsque la statue a été présentée pour la première fois aux représentants politiques américains, ceux-ci auraient jugé que la vue des chaînes brisées serait malvenue pour le citoyens du Sud des Etats-Unis car elle raviverait le souvenir la défaite du Sud et des Noirs gagnant leur liberté. Quoiqu’il en soit, les chaînes brisées symbolisent la fin de l?esclavage et l?union entre Etats du Nord et Etats confédérés du Sud.
Les recherches en cours sur le sujet
En 2000, un texte anonyme diffusé sur Internet, déclare que la Statue de la Liberté a été créée sur le modèle d’une Femme Noire. Selon Richard Newman, chercheur au W.E.B. DuBois Institute for Afro-American Research de Harvard University, confirme qu’il est largement admis dans les cercles universitaires que la Statue de la Liberté avait été créée pour rendre hommage au vote du 13ème amendement initié par Abraham Lincoln et concrétisant la libération des anciens esclaves noirs, pour commémorer la fin de la Guerre de Sécession et l’Union des Etats-Unis d?Amérique.
Les chercheurs du National Park Service étudient des documents selon lesquels la statue de la liberté devait être initialement un monument commémorant l?émancipation des esclaves noirs.
C?est Rebecca M. Joseph, anthropologiste du National Park Service à Boston, qui travaille actuellement sur la question. Elle devait soumettre ses conclusions pour l?année 2000 dans un rapport, mais ce dernier n’a jamais été publié. Ce rapport intitulé ?The Black Statue of Liberty rumor: An inquiry into the History and the meaning into Bartholdi?s Liberté éclairant le monde.? serait suffisamment gênant pour ne pas être diffusé à grande échelle…
David Glassberg, membre du département d?Histoire de l’Université du Massachusetts reprend cette hypothèse dans son article datant de décembre 2003, consacré à l?étude des significations historiques et symboliques de la statue de la liberté .
Avant la diffusion de ce texte sur Internet, les fast-foods MacDonald n?ont pas hésité à reprendre ces spéculations historiques à leur compte : pour célébrer le « Black History Month » de février 1999, les Happy-Meals, étaient accompagnés d?un livre de coloriage avec une image de la Statue de la liberté noire. Hommage justifié ou coup marketing rentable, toujours est?il que le débat sur la question trouve écho dans diverses sphères de la société américaine. Et bien que ce cadeau ait été fait par des Français, ni l’intelligentsia, ni les médias français ne semblent prêter un quelconque intérêt à ce débat. Pourtant, il serait tout à leur honneur de restaurer cette vérité historique concernant, d?autant plus que l?essentiel de la documentation pouvant permettre d?éclaircir le sujet se trouve logiquement en France.